Comment les poux détruiront ma vie.

« Ce n’est pas sale. »
« Il y a des choses plus graves. »
« Vos enfants sont en bonne santé, c’est ça qui compte! »

Heureux les innocents, le royaume des cieux est à eux.
Pour moi ce sera le royaume des sèche-linge, le Lavomatic en bas de la rue.

Au bout de 3 jours à essayer d’endiguer l’invasion de notre foyer par des « insectes aptères de petite taille, parasites des mammifères et de certains oiseaux dont ils sucent le sang » (définition du CNRTL), je tente de trouver sur internet des astuces pour m’aider (Spoiler: mauvaise idée, échec). Une maman n’ayant même plus de larmes pour pleurer explique dans une vidéo des Maternelles qu’elle s’est battu un mois et demi pendant l’été contre les bestioles. Vacances de rêve quoi, et angoisse d’un deuxième round à l’automne. 6 semaines. Je ne tiendrai pas. Heureusement ce soir c’est le réveillon, le champagne opacifiera mon début de dépression.

Jour 16, par acquis de conscience je passe le peigne Pouxit dans ma tignasse. 24h que je n’ai rien vu sur le crâne de mes chérubins, mais une intuition. L’instinct maternelle sans doute, deux poux se débattent sur les dents en acier. Je pleure.

Je commençais juste à voir la fin de notre tas de linge à décontaminer. Car jouer à « qui va au congélo pour une extermination par le froid, qui se fait confiner dans un sac poubelle pour mort par suffocation et qui plonge dans la machine à 60° pour cramage sans merci? » CA-VA-UN-MOMENT! Scrogneugneu! (Oui les épisodes de Petit Ours Brun en replay, pour les séances d’épouillage journalière avec enfants quasi statiques, ont des effets néfastes sur les adultes. Le ravage des écrans…)

Au-delà du fait que l’idée d’avoir une famille de parasites sur la tête me rend littéralement dingue (on a les névroses qu’on mérite), l’affaire me renvoie en pleine face tout ce que les tâches ménagères créent comme frustration, charge mentale et temporale, ainsi que remise en questions de mes choix de vie. J’aime mon mec, j’aime nos filles, être conjointe et maman constitue pour moi une aventure humaine palpitante, blablabla et c’est vrai. Cependant, la logistique du foyer est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Et quand elle te tombe sur la gueule ça fait mal: sentiment de devenir une cendrillon sans avenir, tension dans le couple, paroles désagréables prononcées trop vite qui entraineront sans doute des années de thérapie (Mais non ma chérie, ce n’est pas toi que je traitais de sale-petit-emmerdeur-tu-me-fais-chier-mais-j’aurai-ta-peau-de-bâtard.) De quoi penser qu’on aurait peut-être dû rester libre, c-a-d célibataire sans enfant.

Une religion permettrait de vivre cette épreuve divine avec calme et joie profonde, le Slow. Le Slow-food, le Slow-Café, le Slow-toutcequetuveux, même la doctrine de vie simple de Dominique Loreau. Ce qu’elle prône? Vivre les temps de tâches quotidiennes comme des moments de connexion avec soi et le monde, comme des offrandes de soi-même à la Vie, comme une discipline intérieure qui t’élève l’âme. Autant dire qu’en ce moment je suis en prière constante, m’élevant à vitesse grand V vers le titre de Bouddha de l’année. Mais, je n’en ai aucune envie, voilà le problème! Pour moi ces poux c’est l’équivalent des sauterelles que les pauvres égyptiens se sont reçu, une plaie. Ca fait mal, ça cicatrise trop lentement et ça m’handicape dans mes projets.

Moi je suis une égoïste pas une nonne. Je veux écrire tous les projets que j’ai en tête, lire les romans et essais de mes bibliothèques, sortir de chez moi pour m’ouvrir au monde, jouer et câliner mes filles, câliner mon mari (^^^^), pas faire des p*ù$@% de lessives jusqu’à ma mort.

Mais, attends, c’est mon premier article ici depuis mai dernier.
Ces poux seraient-ils vraiment une épreuve divine qui m’aurait permis de retrouver l’insipration et de me révéler? Le temps passé à gérer du linge a-t-il vraiment dégager de la place mentale pour mon imaginaire? L’épreuve m’a-t-elle obligée à me battre pour retrouver ma liberté intellectuelle? Ou la folie s’est-elle totalement emparée de moi?
A toi d’en juger. Je crois que Dieu a quand même d’autres choses à faire.

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