L’océan qui m’habite

Je voudrais partager l’univers qui vit en mon âme.
Je voudrais le nourrir de nos échanges et caresses et temps suspendus.
Je voudrais savoir dire. Parler sans coupure. Être fluide et claire, simple.

Mais mon ventre est un océan.

J’ai en moi requins et coraux et sardines et pieuvres.
Cohabitation mouvementée.
Les marées rythment mon cœur. 
Journées agitées.
Le soleil n’atteint pas une telle profondeur.
Clarté limitée.

Alors c’est en tanguant que je m’approche.
Toute l’eau affleure à mes yeux,
tempête débordante.
Tu voudrais des mots
je te sers des flaques.
Je devrais exprimer par ma bouche
ce que ça fait d’être là
en face de toi.
Mais ma langue capitule, ma gorge ferme les écoutilles,
et toi tu ne comprends rien.

Alors tes mains reculent. Des grilles se baissent devant ton regard. Ta bouche renonce.
Tu ne sauras jamais combien tu étais important combien comptait ce moment combien je voulais te dire. A quel point ça m’était impossible. Le remords déjà là avant que tout se joue.

Tu ne comprends rien alors après tout pourquoi pleurer sur toi.
Il me faut un marin qui n’ai pas peur de l’inconnu, qui parle aussi avec les yeux parce qu’il sait que les mots ne sont rien.
Je ne veux plus expliquer ni justifier qui je suis ce que je porte.
L’océan qui m’habite est un univers qui ne souffre pas les tièdes.

La vague te balaie, l’écume à mes yeux ne restera qu’un temps.

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