La faute: nom féminin.

« Elle lui a fait un bébé dans le dos. »

J’ai beau retourner la question en tout sens, je n’arrive pas à trouver la position magique qui permettrait à une femme de subtiliser le sperme d’un mâle en lui grimpant sur les reins… Et tout ça bien sûr sans qu’il s’en aperçoive.
Et pourtant (pourtant), qu’un homme refuse d’assumer une paternité, c’est d’abord vers la rum que les regards et discours inquisiteurs se portent. Forcément, comme toutes bonnes femelles elle voulait un gosse. Forcément, comme toute femme elle a l’esprit machiavélique et ne renonce à rien pour parvenir à ses fins. Donc hop! Elle s’est arrangée pour prendre en main toute seule la contraception du couple, puis la rendre inopérante. En oubliant sa petite pilule quotidienne par exemple, voir en déplaçant son stérilet de ses doigts fins. Après tout la fin justifie les moyens. Ou mieux, en mentant au mâle « Non chéri je t’assure je ne suis paaaas du tout en période d’ovulation, range ce bout de plastique que je puisse profiter de toi au maaaaximum! »

Non.

En fait.

Non.

Si la sciences n’a pas développé plus de contraceptif masculin que le préservatif, c’est d’abord parce que les hommes n’en avaient rien à foutre les médecins ont peur des effets secondaires d’une contraception par hormones (acné, trouble de la libido, dépression). Apparemment seuls les psychismes féminins encaissent ce genre de « désagrément », les chromosomes certainement.

Si les femmes intègrent sans broncher que leur vagin doit se faire inspecter scrupuleusement chaque année à partir du moment où elles sont sexuellement actives, c’est parce qu’elles pensent, comme tout le monde ma brave dame, que leur corps appartient aussi au monde médical. Après tout à partir du moment où tu as un utérus, ton rôle dans la continuité de l’espèce n’impacte pas que toi. Et autant te préparer assez vite à ce que tu pourrais connaitre si tu tombes enceinte: spéculum, gel lubrifiant, gants en latex, sermons. Alors que la prostate de ces messieurs peut bien se passer de toute invasion non consentie.

Ce qui est dommage, c’est que du coup, paf!, seules les femmes sont (un peu) éduquées aux risques des galipettes avec l’autre sexe. Elles savent, elles font pousser le mioche au fond de leur bidou, et donc elles portent seules les moyens de s’en préserver. Ce qui jusque-là ne posait de problème à personne.

Quand tu es reponsable de quelque chose, forcément tu es aussi responsable de son échec. Ton boss t’a confié l’envoi de mails à tous vos partenaires financiers, tu ne l’as pas fait, ben c’est pour toi mon coco le passage de savon. Ah mais attends. Et si tu as tout fait comme il faut mais que c’est un « bug informatique » qui a gardé ton message en otage dans l’espace numérique? …

La pilule, ça peut foirer. D’elle-même d’abord: fiable à 99%, c’est écrit sur la notice. D’ailleurs même si c’est pas toi dans le couple qui l’avale, rien ne t’empêche de lire la papier qui l’accompagne, hein. D’une intervention extérieure ensuite, par exemple un cerveau fatigué qui a oublié un truc de sa to do list journalière sans même s’en rendre compte (Oups!).

Depuis quand cet homme, à qui « on a fait un bébé dans le dos », n’a-t-il pas parlé contraception avec sa partenaire? A-t-il jamais envisagé d’ailleurs qu’elle pouvait lui incomber? Sait-il si sa compagne est à l’aise avec le contraceptif qu’elle prend? S’intéresse-t-il parfois aux contraintes que cela crée dans sa vie?

A tous ceux qui ont subi un tel complot machiavélique, à toi qui as fui bien loin de tes responsabilités, je n’ai plus rien à dire.

Mais aux hommes qui ont encore toutes les opportunités devant eux, j’écris simplement: prenez vos couilles en main.

2 commentaires

  1. Mer-ci ! Surtout que le débat est relancé en ce moment avec le film Énorme. Tout le monde vole au secours de ce pauvre papa en mal d’enfant qui piège sa femme pour la faire tomber enceinte malgré elle. Pendant ce temps, les femmes qui “font des bébés dans le dos” sont diabolisées, comme tu le rappelles… La contraception devrait être une affaire de couple, mais dès leurs premières règles, les jeunes filles sont conditionnées à prendre sur elles cet aspect de la sexualité et la responsabilité de “la faute”. Merci beaucoup pour cet article !

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