Être ici.

Je suis.
Je suis ici
sous l’arbre qui n’en à que faire.
Je suis dans ce monde
gagnante au ticket d’or
« Une vie ».
Combien de fois ai-je savouré cet « être »?

Juste être.
Tout advient par ce verbe.
Mon bonheur, ma folie, ma détresse, mes amours.
L’aventure, l’ennui, les questions, les recherches de réponses.

Juste être sous cet arbre aux hauts branchages.
Regarder le soleil jouer à cache-cache dans ses feuilles.

Oublier le soleil, les feuilles, cet instant.
Être tous les instants passés
à venir
désirés
subis
offerts.
Voir
mes pensées sortir du brouillard
les idées qui virevoltent, se touchent, en créent de nouvelles.

La vie est imaginative.
Le quotidien pas assez.
Les pendules stérilisent
le cycle de mes ans,
brouillent les semaines.
Quand je me décide à être
je réhabite le temps.

Le temps est une maisons à la bonne taille.
J’y suis bien.
J’y suis.

 

Sans voix.

Il y avait dans ton regard
le monde entier
et le néant
tout ce que tu perdais
immense
dans tes pupilles et sous ta peau.

Les battements du coeur
fort
prenaient tout l’espace laissé.

Le cosmos devait s’arrêter.
Qui pourrait continuer?

Tu prenais toute la place avec ta souffrance
si petite au milieu de ça.
Je voulais aspirer ce vide
je voulais te rendre tout
mais sidérée comme toi
j’offrais le même spectacle.

Nos coeurs
forts
posons nos genoux au sol.

Il n’y a plus rien.
Qui pourrait continuer?

Inspiré d’une oeuvre du peintre Hugo Laruelle