#PumpkinAutumnChallenge Octobre 2018

En ce premier vrai mois d’automne j’ai fait trois lectures prenantes qui en plus (!) me font avancer dans le challenge de Guimause.

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Je vous en ai parlé fin septembre dans cette première revue de lecture, ce type de défi littéraire me met en joie! J’y rencontre des lecteurs toqués tout comme moi, qui aiment fureter en bibliothèque, librairie, sur des pages numériques dédiées, pour se repaitre de couvertures, titres, résumés livresques. Qui adorent acheter, emprunter, récupérer en boites à livres, bien plus que leur temps et leur cerveau pourront jamais leur permettre de lire. Oh oui c’est bon de se sentir faisant partie d’une famille, cinglée mais accueillante [larmes].

Comme nous avons aussi, quand même, envie de lire nos acquisitions, certains d’entre nous créent des challenges dans le but de faire descendre cette pile à lire. Et donc comme je l’écrivais en septembre, je tente de me montrer digne de l’option Ca s’appelle avoir les crocs, et j’ai continué sur ma lancée avec 3 sous-catégories validées. Mais ce qui t’intéresse ce sont ces titres et auteurs à découvrir…

Catégories Le cri de la Banshee
Empire des chimères d’Antoine Chainas

Coup de cœur pour le thème de ce roman de la rentrée littéraire à la lecture d’une très courte chronique dans un fil de réseau social. Je le commande dans ma librairie. Je le récupère et là, « Oh c’est magnifique un Série Noir Gallimard grand format! Mais argh 658 pages, Ouf! »
J’ai vraiment une prédilection pour les longs romans c’est vrai. Je me délecte de la plongée longue dans un univers, de suivre des personnages pendant plusieurs semaines. J’aime que l’auteur prenne le temps de tisser son intrigue, de monter un décor évolutif. De promener le lecteur. En ces premières semaines de rentrée, bien denses pour moi, j’ai quand même eu peur de ce pavé qui narguait ma capacité de concentration et mes maigres plages horaires de temps disponibles. Et puis à transporter dans le bus, on a vu plus pratique…

Bref si je l’avais tenu entre mes mains avant de le commander j’aurais certainement renoncé. Quel dommage… Parce que là bingo! Je ne connais pas les 5 premiers romans de l’auteur, mais Antoine quelle imagination! Quel esprit dérangé! Merci!

Pour le résumé c’est ici.

Je ne peux pas en dire beaucoup sans gâcher le plaisir. Il faut se perdre avec les protagonistes dans ces lieux sombres, se laisser engluer dans la moisissure. Ca te donne envie hein?

Sache que le style est fluide, que l’action est percutante et que les personnalités sont tout sauf lisses. Tu vas aimer jouer avec tout ce petit monde.

Catégorie Au détour de Brocéliande
Désolations de David Vann

Alors si tu n’as pas lu Sukkwan Island du même auteur, commence donc par là.
Si c’est déjà fait, tu sais que David se positionne pas mal niveau esprit dérangé. Il confirme ici son talent pour chercher dans l’âme humaine et la vie quotidienne de gens sans éclat (comme toi et moi quoi) le sombre, le tortueux, la goutte d’essence qui n’attend qu’une flamme pour tout faire péter.

Ici j’ai été un peu lassée par certains passages redondants, mais je crois que ces répétitions participent à vivre la morosité et l’ennui des protagonistes. Et donc à mieux les comprendre. Les descriptions des paysages d’Alaska n’ont rien du guide de voyage alléchant, mais tu y es, dans le froid, l’humidité, l’espace sans fin.

Va voir le petit speech sur l’intrigue, qui ne dit pas grand chose mais tant mieux.

Catégorie Cristaux, tarots et encens
Lacrimae, t2 des Mystères de Druon de Brévaux d’Andrea H.Japp

Pour la présentation de la sage commence par le T1.

Sur l’autrice, et bien je dirai qu’une passionnée du Moyen-Âge a fusionné avec Agatha Cristie. J’aime sa plume précise mais pas ampoulée. Son érudition mise au service de sa passion pour les crimes, l’ésotérique, les destins tourmentés et les femmes de caractère. C’est un plaisir pour moi de plonger dans un univers historique touffu, d’errer dans des forêts sombres en abord de villages mal famés et de chercher avec notre héroïne le pourquoi-du-comment-on-a-trucidé-untel-et-untel-et-oh-untel-aussi.

Une lecture de soirées fraiches, d’irish coffee ou grog divers, de grosses chaussettes. Bref un tue l’amour mais tu n’en auras rien à secouer quand tu voudras à tout prix résoudre les enquêtes de Druon.

Belles lectures!
(Et #balancetestitres )

#PumpkinAutumnChallenge septembre 2018

PAC sept

Je lis au lit.

Un peu dans les transports. Pas mal dans mon canapé.

Surtout le soir. Avec un plaisir certain en journée.

C’est mon moment, mon voyage, mon retour en moi-même, ma déconnexion du monde et mon aventure.

Tout titre attise ma curiosité, toutes pages brochées sont dignes que j’y pose le regard.

J’ai des préférences c’est sûr. Des a-priori ça oui.

Mais rien ne me plait plus que de plonger à corps perdu dans une histoire pas vraiment choisie, rencontre improbable dûe à un certain hasard.

Le Pumpkin Autumn Challenge

J’ai découvert il y a peu l’univers des booktubeurs, et avec eux les challenges de lecture.

Cet automne je me lance dans mon 3ème pari thématique, avec des lecteurs nombreux et lointains qui se rapprochent en partageant leurs goûts, coups de coeur et déceptions.

Le Pumpkin Autumn Challenge a commencé le 1er septembre. Toutes les infos sont données par son organisatrice Guimause. Voici mon point à un mois de lecture.

Je me suis donné comme objectif de réaliser le parcours Ca s’appelle avoir les crocs, soit de faire 8 lectures dans des genres qui s’éloignent de ma zone habituelle de chasse.

En ce début octobre je peux vous partager 5 récits dans 3 catégories du challenge.

La feuille d’auomne emportée par le vent, en rondes monotones, tombant, tourbillonant + Balai Pattes!

J’avais dans ma PAL (si tu n’es pas encore initié.e à cet univers, c’est le petit nom Pile à Lire pour les bouquins entassés chez toi et pas encore ouverts) des titres aux couleurs de l’automne, alors hop je m’y suis plongée. Il s’est trouvé que ces deux histoires mettaient en avant des héroïnes aux prises avec les obligations de leur sexe et bien décidées à s’en extraire. J’ai donc validé la catégorie Balai Pattes! en même temps.

Calpurnia, de Jacqueline Kelly

Coup de coeur de mon libraire, ce roman jeunesse avait fini dans mon sac d’achat en m’étonnant moi-même car je ne lis plus ces titres enfant-ados depuis longtemps. Mais j’ai été aimantée par l’histoire de cette gamine de 11 ans, pleine de rêves et curieuse du monde qui l’entoure, dans le Texas de la fin du 19° . Bien m’en a pris.

Outre la qualité du récit, des personnages, de la reconstitution historique, j’ai admiré au fil des 500 pages la vision du monde et l’énergie de Calpurnia, tout en m’interrogeant sur mon propre parcours. Car ici il est questin d’une jeune fille se découvrant une passion pour la vie animale et les techniques scientifiques de naturalisme. Tandis que son milieu, le monde dans lequel elle évolue, la destinent au rôle de parfaite candidate au mariage, puis d’épouse et enfin de mère, c’est à dire de cuisinière, couturière, gentille compagne de conversation mondaine et autres activités réalisables en corset et coiffe soignée.

Ce roman, non content de nous faire découvrir la science naturaliste, traite bien sûr de la place réservée à la femme dans l’espace publique et domestique, et de la manière dont le genre brise les rêves après avoir conditionné les goûts de chacun. Calpurnia ne renonce pas à sa passion pour l’observation du monde, aux escapades en nature et à la recherche scientifique. Elle m’a renvoyé à ma propre adolescence, à l’influence sur moi des médias et aux choix faits à l’époque. Je suivrai la suite de son parcours avec plaisir dans le second volume.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans, de Marie-Fleur Albecker

Titre découvert grâce à Piko et ses choix de la rentrée littéraire 2018. Ce rouge, la flamboyance du titre et ma curiosité pour cette maison d’édition (Les forges de Vulcain) m’ont convaincue de faire un achat, bien que le but du challenge soit en partie de faire descendre son propre stock.

L’écriture de Marie-Fleur Albecker est percutante, originale, entrainante. J’ai aimé dès les premières pages l’utilisation du langage bien XXI°siècle, parlé, populaire. Pourtant nous sommes en 1381 au Royaume d’Angleterre. Parfois aussi les tournures de l’autrice m’ont lassée, j’y ai trouvé des lourdeurs. Mais ce parti pris stylistique n’a d’autre but que de raconter notre monde d’aujourd’hui au prétexte de narrer une révolte paysanne d’un siècle passé. Nous sommes charriés par le récit comme les personnages par le cours des événements. Le pari est gagné. Les tyrans, le pouvoir du milieu social, la place des femmes dans le débat publique et la difficulté de chacun à s’extraire de ses propres petits enjeux personnels pour voir plus loin et plus grand, rien ne semble avoir changé en 450 ans. C’est ce que l’on comprend au fur et à mesure des pages. Et on ressort fataliste, amer. Ou en colère, combattant.

Le libraire m’avait prévenue que Les Forges de Vulcain ne choisissaient pas la facilité. En effet avec ce titre j’ai été dérangée, déplacée. J’en lirai donc d’autres!

Pomme au four, tasse de thé et bougie

Le début des jours de pluie, les températures qui invitent à s’enrouler de couvertures et écharpes ainsi que le rythme dense de la rentrée, m’ont amenée vers des lectures Doudou, ou tasse de thé donc.

Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

J’ai lu en 2017 Fourrure de la journaliste, son premier roman. J’en avais été renversée. J’ai retrouvé ici ce qui m’avait plu.

D’abord, la précision des descriptions, tant d’actions, que de sentiments. On vit les bombardements de Dresde avec les sauveteurs de la Croix Rouge, on hait les anciens bourreaux SS des victimes qui cherchent à se venger, on rompt avec le héros qui peut être si macho quand son amie le fait. On a envie d’en gifler certains, d’en prendre d’autres dans nos bras. On respire les odeurs de mort de la fin de la seconde guerre mondiale, et celle de ville géante du New-York du début des 70’S.

Ensuite Adélaïde de Clermont-Tonnerre arrive à recréer des microscosmes sociaux en quelques lignes. Ici le New-York des artistes underground, celui des self-made-men américains d’un monde en plein essor, comme la petite bourgeoisie allemande prise dans le fléau hitlérien. Ca fourmille, ça vit, ça transpire, ça rêve et ça pleure.

Enfin l’intrigue, que l’on croit simple, que l’on questionne, puis qui nous retourne comme une pauvre crêpe.

A lire donc.

Enola Holmes T4, Serena Blasco- Nancy Springer
Les Carnets de Cerise T2, Joris Chamblain – Aurélie Neyret

Je monte pour mes filles une bibliothèque BD, dont elles ne peuvent pas encore profité mais de laquelle je tire moi-même un certain plaisir. Ayant du mal à trouver en littérature petite enfance des héroïnes récurrentes (non, Tchoupi n’est pas unisexe et P’tit Loup ne peut pas passer pour une fille) je me fais plaisir dans ce rayon.

Deux détectives en herbe, l’une soeur de Sherlock l’autre apprentie écrivaine. Vraiment de belles réalisations tant pour les scénarios que les graphismes. Deux petites douceurs d’après-midi trainant.

Le Pumpkin Autumn Challenge continue. J’ai pour ma part encore une quinzaine de livres sélectionnés pour continuer à faire de chouettes découvertes. Je vous tiens au courant.