Pourquoi je ne peux plus m’épiler.

Les filles sont à la sieste. Ce n’était pas prévu à cette heure-là, ce dimanche matin, d’habitude il y en a au moins une qui reste debout et a besoin de mon attention jusqu’au début d’après-midi. Mais leur fatigue me fait un cadeau, je suis seule dans le salon pour un certain temps.

Quel temps?

Ca je ne dois pas chercher à l’évaluer, un réveil peut avoir lieu n’importe quand, il suffit que je prenne goût à ce silence et cette liberté pour qu’ils soient stoppés. J’ai sauté sous la douche pour profiter de l’eau chaude sans petits yeux inquisiteurs de l’autre côte de la paroi transparente. J’ai pensé à la machine que je pourrais lancer, à l’étendoir que je pourrais libérer, à l’avance que je pourrais prendre sur la préparation du déjeuner, à mes jambes que je pourrais clarifier et adoucir, épilateur dans une main crème hydratante dans l’autre. Et puis c’est moi qui me suis réveillée, grâce à cette eau chaude et ce temps sans coupure, laissant mon esprit prendre le large pour mieux me retrouver.

Quand elles se lèveront, que je devrais à nouveau tout leur donner, ou du moins faire un trait sur une possibilité de concentration et de rêverie, comment me sentirai-je en pensant aux minutes, à l’heure peut-être, offertes et utilisées pour des tâches domestiques? Je serai frustrée, je penserai « encore un dimanche sans possibilité de créer, de faire des choses pour moi ». Alors je serai en colère, ma capacité de patience et d’empathie seront au plus bas, ma mauvaise foie leur en voudra, cherchera peut-être à le leur faire payer. Je guetterai avec impatience la prochaine sieste et les opportunités données.

En effet, m’épiler n’est pas une activité qui fait grandir mon être, qui me permet de découvrir le monde, d’y chercher une place. Quand je pense aux choses accomplies jusqu’à maintenant, les heures passées à retirer mes poils et la qualité du rendu ne sont jamais mentionnées dans mes listes de satisfaction. Et, je l’avoue, je n’ai jamais noté dans de quelconque bonnes résolutions ou plan sur la comète « m’épiler plus souvent ».

Quand je suis avec d’autres, ça ne me donne pas un sujet de discussion. Même mon homme s’en carre bien de savoir que ça m’a pris 30 minutes, que ça fait moins mal avec les années, que quand j’ai étalé la crème j’ai découvert des récalcitrants qui avaient échappé à la pince électrique, et que j’étais contrariée mais pas assez pour refaire un passage. D’ailleurs quand on s’est rencontré lui et moi, et que j’ai voulu le séduire, jamais il ne me serait venu à l’esprit d’engager une telle conversation. Il ne m’a pas épousée pour ça, fou non?! Et depuis le temps je peux dire que ce ne sont jamais les poils qui nous ont empêché de faire l’amour avec passion.

Tiens d’ailleurs, qu’est ce qui nous a freiné alors? La fatigue, oui comme beaucoup. Et cette fatigue, ce n’est pas celle de la marche au grand air, de l’effort physique galvanisant. Ce n’est pas la fatigue du projet mené à bien, du défi relevé. C’est la fatigue du quotidien, des tâches ménagères répétées, des nuits écourtées par des réveils imposés, des soucis de boulot, de famille. Surtout je crois, la fatigue des rêves mis de côté, des ambitions rangées sous l’oreiller, de voir qu’on n’a pas suivi la voie que l’on imaginait, jeunes et fringants, avant. A la fatigue s’ajoute alors l’amertume et le manque.

Or faire l’amour c’est donner son temps et son être à l’autre. Choses les plus précieuses, offertes à la naissance et reprises on ne sait quand. Pour pouvoir l’accorder, à moins d’être un saint que le don transcende, il faut en avoir. Je ne peux donner ce qui me manque. Quand mon compteur de temps avec moi même est vide, c’est un effort immense et douloureux que de le partager avec quiconque.

Ce soir mon chéri c’est une femme poilue qui partagera ton lit. A votre réveil mes filles c’est une maman en jachère et une maison en désordre que vous trouverez. Mais je vous offre mon âme maintenant que j’ai pu la déterrer. Elle était cachée sous tout ce qu’il y a à faire. Je l’ai retrouvée en m’attelant à l’essentiel, réfléchir et créer.

Alors m’épiler? Franchement?

Qu’en dire?

Vendredi j’ai une conversation sur l’accouchement avec un homme dont le métier est d’accompagner des couples et des familles. Il reçoit des confidences, capte des joies et des peines. Il me dit, en gros

 » C’est extraordinaire ce que les femmes font. D’ailleurs souvent vous (ndlr je suis une femme moi-même ), souvent vous aimeriez que cela revienne un peu aux hommes aussi, être enceinte, accoucher. Parce que ce n’est pas facile. »

Ma première réaction, cerveau reptilien

« Oh oui mon gars tu n’imagines même pas comme j’aurais aimé que mon mec et moi on se partage la grossesse un jour sur deux! »

Avoir un corps grossi, empêché de faire tout ce qu’il veut, partager neuf mois son utérus avec un coloc assez égoïste, se faire ouvrir en deux, puis prêter ses bras, sa tête, sa poitrine, soi en entier pendant encore de longues semaines, dans ces périodes-là j’ai été en colère de devoir être seule à l’assumer, abattue par la douleur, la fatigue, la charge qui m’incombait. J’aurais aimé certaines nuits que l’homme qui partage mon lit me décharge de mon coloc’ pour que je puisse dormir sur le ventre sans me prendre des coups dans l’estomac. Que ce soit lui qui ait les seins en feu et dégoulinants pour m’ôter quelques heures un peu de fatigue.

Il a fait tout ce qui était en son pouvoir de père et conjoint pour agir lui aussi dans la mise au monde puis le soin de nos bébés. Vraiment rien à dire à part merci. Mais ses pouvoirs n’allaient pas jusqu’à partager cet engagement total du corps, et j’étais seule à le vivre 24h/24.

Très vite mon cerveau plus abstrait prend le dessus, et je réponds à cet homme qui me marque son soutien, sincère

« En fait je suis heureuse d’avoir vécu cela, et je plains les hommes qui quoi qu’il arrive sont privés de cette expérience. »

Femmes ne me lancez pas de cailloux svp!

Je le sais tout au fond de moi, je suis transformée, je suis résiliente, je suis moi en mieux grâce à ces grossesses et accouchements. Qu’en dire pour que vous compreniez?

Vous l’avez lu ci-dessus, je n’ai pas été la future maman pombél’up qui continue toutes ses activités comme si de rien n’était jusqu’à ce que les contractions commencent. Si vous avez été sur ce texte vous savez que j’ai douillé comme il faut et sans grâce en m’étant au monde mes filles. (Je n’ai pas eu non plus de grossesses à risques/pathologiques ni d’accouchements compliqués.) Et pourtant je suis contente d’être celle du couple qui l’a vécu.

Vivre la fragilité

Un soir de novembre. Je suis à la fin de mon 7°mois de grossesse. Pas grande, mon gros bidou prend beaucoup de place dans mon corps et des douleurs ligamentaires incessantes me font marcher comme un canard sur une patinoire. Je dois traverser le hall d’une grande gare à l’heure de pointe. J’entre et m’arrête sur le seuil de cet immense espace où des centaines de gens marchent, courent en tous sens, avec pour seul objectif d’arriver à leur destination. Sans un regard, sans une considération pour leurs semblables, devenus sur leur chemin de simples obstacles à éviter. Je suis comme eux, d’habitude. Mais ce soir-là je suis une petite chose fragile, branlante, qui doit franchir un lieu hostile et dangereux. Je marche trop lentement, j’ai peur de glisser sur les grandes dalles lisses, je ne peux pas slalomer entre les tas et les files d’humains-fourmis. Je suis un caillou dans l’engrenage bien huilé qui s’est formé naturellement par les circulations humaines. Quand j’ose me lancer, mon pas lent crée des déviations et houles tout autour de moi. J’arrive de l’autre côté essoufflée et douloureuse. Lorsque j’entre dans le tramway après un escalier et un autre hall, je pleure presque devant les sièges tous occupés. Et range ma fierté pour demander à quelqu’un de me céder sa place, sous peine de m’effondrer et de gêner d’autant plus la marche de cette fin de journée chez les citadins.

Quand je reprends mes esprits, je remarque dans la rame des collègues de galère: le monsieur âgé qui tremble accroché à la barre centrale, la jeune fille en fauteuil roulant qui fait souffler d’énervement ceux qui doivent la contourner pour entrer, le gars avec une jambe dans le plâtre qui essaie de ne pas se faire marcher dessus. Je vois aussi la mère de famille entourée de sacs de courses et dont les cernes et le teint trahissent l’extrême fatigue bien qu’il faille encore faire la cuisine et coucher les gamins, le jeune homme obèse qui a du mal à se mouvoir dans ce lieu où tout est pensé pour des standards trop étroits.

Je ne sais pas à ce moment-ci si je tiendrai ma promesse, mais je grave dans mon esprit le souvenir de ces mois où moi aussi j’ai été handicapée, vulnérable, pour toujours faire attention aux autres comme j’aurais eu besoin que l’on fasse attention à moi alors.

Et aujourd’hui que je peux bouger comme j’en ai envie et besoin, que mes choix d’activités, de trajets, de sorties ne sont plus brimés par mon corps, je remercie chaque jour la vie pour cette chance. Je la sais éphémère et précieuse, c’est inscrit dans ma chaire même.

Nouer un lien charnel avec un autre être humain

Oh oui j’ai pesté pendant ces 18 mois d’invasion alien. Mes bébés pas de rancune, mais je vous ai souvent appelées comme ça, Aliens, et oui je pensais bien aux créatures qui essaient de tuer Sigourney Weaver pendant 6 long métrages. Les nausées, la fatigue, les douleurs, la gène pour se baisser, se retourner, les petits pieds coincés sous les côtés, les contractions, la sortie par mon vagin… bref, je n’ai pas rigolé tous les jours.

Cependant, la première fois que je t’ai senti bouger en moi D, quel chamboulement. Je suis entrée dans une autre dimension, instantanément. Il y avait de la vie là sous mon nombril, un être humain unique qui commençait son voyage sur terre par mon intermédiaire. Quelque chose s’est allumé au fond de mes yeux et ne partira plus jamais.

Ces semaines où nous avons tout partagé, les rencontres, les trajets, les réussites, les inquiétudes, les réflexions métaphysiques et les dégustations de gaufres au chocolat, la vie était plus acidulée et prometteuse avec vous contre moi. Je vous ai raconté des bêtises, des secrets, je vous ai fait des promesses et vous ai présenté le monde dans lequel vous débouliez. Je ne sais pas ce que vous garderez de tout ça. Moi je suis fière d’avoir été votre passeuse d’une rive à l’autre. Et mon Dieu je porte maintenant la chaleur de ce corps partagé comme un manteau qui protège de tout.

A présent que je vous vois grandir, que vous vous détachez de votre matrice, je vous regarde en femmes pleinement actrices de l’humanité qui me survivra. Petits bouts de chaire et de sang dont l’odeur et les caresses ont le goût de paradis dans ma vie.

Je sais que tous les hommes qui auront partagé mon intimité ne me feront jamais connaitre ce sentiment de communion que je vis avec vous. Vous êtes mes trésors à jamais.

Connaitre l’indescriptible

Quand on est une bobo comme moi, on se prépare à l’accouchement en lisant des bouquins hippys/innovants/féministes qui te conseillent plein de positions et techniques de gestion de la douleur. Dedans, comme si ça allait vraiment te rassurer, on t’explique qu’il y a un moment dans l’accouchement où tu crois que tu vas mourir. Et s’il te reste un brin de rationalité sous les hormones tu sais qu’en plus un nombre toujours trop grand de femmes et d’enfants meurent vraiment pendant ce passage.

Papapa papapapa pala! Youhou!

Comme je ne suis pas un être particulièrement extraordinaire, j’ai ressenti ce truc, à un moment du travail, oui, cette voix « Ma grande dans quoi tu t’es fourrée, franchement? Bien sûr que non tu ne vas pas survivre à cette douleur. Ton cœur va lâcher. Et s’il tient ce sont tes entrailles qui vont se déchirer et paf, plus de toi, fini, enterrée, au suivant ».

Et quand tu ressors de ça, quand tu vois cette petite tête d’humain aux grands yeux apparaitre entre tes cuisses, quand tu le tiens contre ta poitrine, si tu mets de côté les pensés du style « Et maintenant je suis vraiment responsable de sa survie? Moi? hahahaha…Bouhouhou! » , alors tu reçois un cadeau incroyable: la force.

Tu as connu la douleur, tu l’as terrassée.

Tu as souffert, tu connais maintenant le bonheur.

Aller vers le bonheur

Il m’a fallu des mois pour appréhender mon rôle de mère au quotidien. Pour équilibrer mes besoins, faire les choses avec satisfaction. Pour retrouver aussi confiance totale en mon corps, laisser partir les tensions, réparer ce qui devait l’être.

Mais aujourd’hui, ce jour où j’écris, je suis tel l’alpiniste qui a fait son plus haut sommet.

Il n’y a pas de bons mots pour vous le partager.

30 octobre

Tu t’es assise sur les marches qui descendent de la grande porte vitrée de la salle à manger. Tu parais bien petite de loin, encadrée par les volets rouges des multiples entrées de ta grande maison. Mais quand on se rapproche on voit mieux ta stature digne, ton regard volontaire et on sait tout de suite que c’est toi la maitresse des lieux.

Tu tiens ton thé de 16h d’une main, et tu regardes le lourd figuier trônant dans l’herbe, de l’autre côté du tas de bois qui délimite la fin de la terrasse. Quand as-tu cueilli les dernières figues de la saison? Il y a quelques jours. Non plus que ça. Mais l’été a duré tout septembre cette année.

Tu croques dans une grosse merveille recouverte de sucre et luisante de gras. Tes enfants trouvent toujours que tu en achètes trop. A quelle époque a-t-on commencé à se préoccuper de ces questions de nutrition? Toi tu ne t’es jamais inquiétée de trop manger. Tu as eu si peur de te consumer toi-même quand tout manquait dans ton adolescence.

Tu te lèves pour arracher une mauvaise herbe. Puis tu portes ton regard au dessus du marronnier. Ses feuilles rouges tiennent bons, les bogues forment un tapis épais autour du large tronc. Tu observes le ciel, ce bleu métallique de  temps froid qui rappelle tes  prunelles. La même dureté, la même limpidité. Cette assurance d’avoir toute sa place dans le monde.

A quoi penses-tu vraiment?

Si j’étais avec toi dans ton parc, j’admirerai la nature d’automne qui célèbre la fin des mois lourds passés à l’ombre des volets tirés. Je laisserai le froid m’engourdir un peu sans aller chercher de manteau, pour le plaisir de sentir ma peau se hérisser et mes muscles se tendre. Je ne dirais rien en espérant que tu me parles. Je savourerais cette pause, heureuse à l’idée de finir la journée devant la flambée que tu auras allumée dans le salon de bois sombre. Je passerai mes jours à ramasser des châtaignes dans les bois proches, mes nuits à lire sous les édredons qui ont réchauffé bien des aïeux. Nous ramasserions les feuilles pour faire de grands feux sous le cèdre, devant le portique de balançoires. Je savourerai tes soupes en bidons et tes pâtes toujours trop cuites mais onctueuses de fromage et recouvertes de sauce que je n’ai jamais réussi à refaire.

Si le temps le permet, j’irai finir ma ricorée du matin dehors, encore en pyjama. Et j’écouterais la nature qui s’éveille. Nous sillonnerions la campagne en voiture, pour prendre des photos dans les endroits les plus improbables et dangereux.

Si j’étais chez toi je ne penserais plus à demain. Le temps est si présent, les heures sont ouvertes à tout. Aucune obligation, seul les impératifs de la maison imposent leur rythme. Mettre des bûches autour de l’âtre et aller chercher du fioul au garage pour le poêle. Préparer le prochain repas, le prochain thé, le prochain déjeuner de famille. Repeindre un volet peut-être, aller arroser les plantes, donner à manger aux chats errants. Faire du feu, ne pas laisser les noisettes aux vers.

Quand  je suis chez toi maintenant, je vais sur le pré-rond devant l’entrée principale de la maison. La terrasse en dalles noircies accueillait nos déjeuners d’été, ceux qui commençaient toujours par du melon. Mon regard se lève sur les chaises blanches oubliées dans l’herbe, et j’entends les discussions un peu mondaines de tous nos 15 août rituels. C’est si vide aujourd’hui.

Alors mes yeux vont plus loin, ils se portent au-dessus du pigeonnier et je regarde l’église du village qui surplombe la propriété. A ses pieds je sais que se trouve le cimetière. Je lui fais un clin d’œil et retourne à tes arbres, à tes murs recouverts de vigne vierge, à tes pots de fleurs. Comme tu l’as voulu rien n’a changé ici. Mais sans toi plus personne n’y trouvera de place.

Je suis bien loin en ce 30 octobre, mais les feuilles rouges de mon jardin et la tasse fumante dans ma main me rapprochent. Je te vois entre ses volets rouges, tu me regardes. Je sais maintenant que les figues et les noisettes n’auront plus jamais le même goût. Mais jamais je ne l’oublierai.

Décider pour soi.

Sans ordre et comme ça me vient, je voudrais:

  • m’occuper du mieux possible de mes enfants
  • être une super amante pour mon homme
  • être la meilleure amie de cet homme
  • avoir une carrière intéressante
  • être musclée, sculptée
  • manger sain
  • manger équitable, local, fait maison, sans gaspillage
  • savoir me coiffer
  • assortir mes tenues à mes bijoux
  • décorer ma maison
  • sortir et m’encanailler
  • être une bonne vivante
  • rester des journées entières avec un livre, sous un plaid
  • écrire, écrire, écrire bien, de mieux en mieux
  • apprendre à dessiner
  • danser
  • profiter de mes amis
  • prendre soin d’eux
  • me rapprocher de ma famille
  • prendre soin d’elle
  • jardiner
  • lire la presse
  • retenir tout ce que je lis
  • être une femme idéale
  • me foutre des dictats et ne surtout pas chercher à être une femme idéale
  • ne pas compter les verres de vin et les parts de gâteaux au chocolat. Et surtout oublier que je ne les compte pas
  • m’aimer
  • être aimée
  • être libre. Vraiment.
  • être reliée à ceux qui comptent
  • qu’on puisse compter sur moi
  • ne devoir de comptes à personne
  • .
  • ..

Cette liste prend étrange tournure.

Je crois comprendre d’où vient ce constant sentiment d’inconstance,

cette culpabilité de ne pas être assez volontaire ni persévérante

ce goût râpeux trop souvent sur ma langue.

C’est le bordel dans ma tête.

Mais là dans ce début de fouillis mis en mots, commence à poindre une ligne directrice. Moi. Je suis là, sous les désirs des autres, sous les injonctions des biens pensants à la mode, sous l’éducation qui m’a faite, sous les certitudes qu’un jour j’ai crue miennes et qu’aujourd’hui je veux déconstruire.

Je vais continuer cette liste, je vais faire la poussière sur mes étagères trop remplies, je vais remplacer l’obsolète par les bonnes idées qui ont poussé dessus. Je vais mettre plus de moi dans mon cockpit secret. Et me réinstaller aux manettes.

« Go! Voguons moi et moi, à la conquête de l’univeeeeeeeers!!!! »