Lever du dimanche.

Tu l’entends avant même qu’elle soit dans l’escalier. Ce côté instinctif t’étonne toujours. Mais quand elle ouvre la porte de ta chambre il est encore trop tôt. Tu acceptes qu’elle envahisse ton lit pour serrer son corps chaud contre toi, et vivre encore un peu cette proximité des peaux qui ne durera pas. Les souvenirs des premiers jours te reviennent, lorsqu’être dans tes bras était toute sa vie. Tu regrettes déjà d’avoir cherché si vite à reprendre ta liberté, et aujourd’hui c’est elle qui rationne ses câlins.

Tu as des principes, 6h45 un dimanche matin ce n’est vraiment pas correct. Mais te rendormir avec cette enfant sous ta couette est perdu d’avance. Quelques minutes grapillées cheveux emmêlées, mains contre le dos et respirations accordées… Puis elle sort de l’étreinte, gigote, ses pieds sont de petits marteaux en perpétuel mouvement, ses bras n’ont jamais pris tant de place. Tu tentes de voler encore quelques instants les yeux fermés, avant de te résigner. Il va falloir se lever.

Ta responsabilité de mère devrait suffire. Tu as en fait besoin d’un moteur plus fort pour quitter l’insouciance du sommeil et endosser ton rôle de la journée. Celui qui te demande patience, rigueur, empathie, inventivité. Alors tu penses à la prochaine pause, la sieste d’après déjeuner. Tu décides de l’endroit où tu passeras cette heure – ton lit – , de commencer le nouveau roman posé sur ton buffet et de fermer les yeux jusqu’au prochain câlin.

Tes pieds trouvent les chaussons, tu tends les bras vers les rideaux: la journée peut commencer.

Octobre est le mois du dessin, du moins sur les réseaux, sous le hashtag #inktober. Chacun.e se challenge, en dessinant chaque jour, la plupart du temps en suivant une liste de thèmes. C’est comme ça que je suis tombée sur la liste d’Alessandra Criseo (@mais2_art).

Je ne dessine pas. Mais pourquoi pas écrire, chaque jour, un poème, une description, un billet d’humeur, que sais-je! En tout cas venir ici chaque jour, faire jouer ma plume.

Ce week-end j’écris sur l’envie de se lever.

#mais2thinkanddraw #memymuse

Le vieux lion

Il entre dans la place. Le silence se fait.

Chacun le toise. Son allure accroche la rétine.
D’un commun accord, tous le placent au-dessus de la mêlée. Il les surpasse, c’est sûr.

La conscience de sa position est réelle. Ils voient leurs yeux, leurs nuques légèrement affaissées. Sans même s’en rendre compte il redresse la tête et bombe le torse.
La responsabilité le tient debout.

Pourtant, dans son cœur, la peur a pris ses quartiers. Ce n’est pas nouveau et ça ne changera plus. On compte sur lui, on le proclame magicien, grand solutionneur. Mais lui aussi s’inquiète, lui non plus ne sait rien.

Alors il fait comme toujours, et c’est ce qui l’a conduit jusque-là, il parle plus fort, il frappe du point sur la table et il ment en regardant droit dans les yeux. Cela doit convaincre les autres autant que lui-même.

L’assurance reprend le dessus un moment, réchauffe le cœur et illusionne le cerveau. Des idées bourgeonnent, il les cueille sans attendre et les jette devant lui. Comment ne pas croire celui qui a réponse à tout? Il suffit de parler, sans arrêt, sans blanc dans lequel le doute trouverait place.

C’est comme ça qu’on devient, et qu’on reste, chef de meute.

Octobre est le mois du dessin, du moins sur les réseaux, sous le hashtag #inktober. Chacun.e se challenge, en dessinant chaque jour, la plupart du temps en suivant une liste de thèmes. C’est comme ça que je suis tombée sur la liste d’Alessandra Criseo (@mais2_art).

Je ne dessine pas. Mais pourquoi pas écrire, chaque jour, un poème, une description, un billet d’humeur, que sais-je! En tout cas venir ici chaque jour, faire jouer ma plume.

Hier nous étions le 7 octobre, j’ai écrit à partir de mon signe du Zodiac.

#mais2thinkanddraw #memymuse

Quelque chose que je vois depuis ma fenêtre.

Les briques voudraient faire rempart, empêcher tout esprit vagabond de sortir de la chambre. Le mur dit « Reste à ta place. Remplis tes obligations. Sois le petit homme, la simple femme que l’on attend. Baisse les yeux et cesse de rêver d’ailleurs. »

C’est vrai, depuis le lit, c’est d’abord lui que je vois par le velux. L’immeuble un peu plus haut d’à côté. Cette frontière rouge et blanche – tiens comme les bandes que l’on installe autour des lieux interdits. Chacun chez soi.

Mais quelque chose de plus grand, d’immuable, le surpasse et le rend inopérant. Un espace infini qui ne sait pas ce qu’est la liberté puisqu’il ne connaitra jamais l’enfermement. Mes yeux ne s’y trompent pas, c’est vers lui qu’ils se tournent d’abord, à chaque fois. Le ciel.

Son bleu tranche avec tous les rouges. Les nuages qui le traversent invitent à voyager aussi. Ils vont voir ailleurs, portés par le vent. Pourquoi ne le pourrais-je aussi?

Ce n’est pas la pluie qui tambourine sur les tuiles qui m’en dissuadera; elle est la vie qui frappe à ma chambre. Les éclairs et le vent se révoltent; rien ne doit stagner ni sécher. La nuit même, noire ou blanche de lune, marque le temps qui passe et l’urgence d’être.

Petit mur de briques qui te croyait si fort, comment as-tu pu penser cacher le ciel? Tu pourrais occulter tout l’espace visuel, tant que l’idée de ciel habitera mes yeux, c’est cela qu’ils continueront à voir.

Octobre est le mois du dessin,du moins sur les réseaux, sous le hashtag #inktober. Chacun.e se challenge, en dessinant chaque jour, la plupart du temps en suivant une liste de thèmes. C’est comme ça que je suis tombée sur la liste d’Alessandra Criseo (@mais2_art).

Je ne dessine pas. Mais pourquoi pas écrire, chaque jour, un poème, une description, un billet d’humeur, que sais-je! En tout cas venir ici chaque jour, faire jouer ma plume.

Aujourd’hui nous étions le 6 octobre, j’ai écrit ce que je voyais depuis ma fenêtre.